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Qu’est-ce que la gestion du risque de modèle?

Par Nick Jang, fondateur de MINERVA Studio ·

La réponse courte

La gestion du risque de modèle est l’ensemble des contrôles qu’une banque ou un assureur utilise pour gérer le risque de modèle : la possibilité d’une perte ou d’un préjudice parce qu’un modèle repose sur de mauvaises hypothèses, est alimenté par des données de piètre qualité, est mal codé ou sert à autre chose que ce pour quoi il a été conçu. Elle repose sur un inventaire de tous les modèles, une cote de risque, des normes de développement, une validation indépendante, une approbation par quelqu’un d’autre que le concepteur, une surveillance continue et un retrait ordonné. Au Canada, la ligne directrice E-23 du BSIF en fixe les attentes à compter du 1er mai 2027.

Ce qu’est le risque de modèle

Les banques fonctionnent avec des modèles, bien plus que la plupart des clients ne l’imaginent. Un modèle détermine le capital derrière le portefeuille hypothécaire. Un autre fixe chaque trimestre la provision pour pertes selon IFRS 9. Un troisième choisit lesquels des millions de paiements d’hier un analyste de la conformité doit examiner. Un quatrième établit votre prime d’assurance auto. Chacun transforme des données en un chiffre, et quelqu’un agit selon ce chiffre.

Le risque vient de deux côtés. Parfois, le modèle est tout simplement faux : une méthode boiteuse, un bogue, des données qui ne ressemblent plus au monde réel. D’autres fois, il est mal utilisé : appliqué à des clients ou à des produits pour lesquels il n’a jamais été conçu, ou cru au-delà de ses limites connues. L’E-23 précise que le dommage n’est pas seulement financier : un modèle qui traite des clients injustement ou qui fausse le capital coûte aussi la réputation et la confiance du régulateur.

Les éléments d’un cadre

Les éléments d’un cadre de gestion du risque de modèle
ÉlémentCe qu’il fait
Politique et gouvernanceDéfinit ce qu’est un modèle, qui est responsable du risque de modèle, l’appétit pour le risque et le rôle du conseil et de la haute direction.
Inventaire des modèlesRecense tous les modèles en usage ou récemment retirés, avec un responsable et les faits essentiels. Voir l’inventaire des modèles.
Cote de risqueÉvalue chaque modèle selon son importance, sa complexité et l’effet d’une erreur; la cote fixe le niveau d’examen. Voir la cotation du risque de modèle.
Normes de développementComment les modèles sont construits, testés et documentés, y compris la qualité des données et les limites de la méthode.
Validation indépendanteUne personne indépendante du concepteur remet en question la conception, les données et la performance. Voir la validation des modèles.
ApprobationUn approbateur désigné décide si le modèle peut servir, en connaissant sa cote, les constats de l’examen et ses limites.
SurveillanceSuit la performance, les intrants et l’usage par rapport à des seuils, et fait remonter les dépassements.
RetraitRetire les modèles de façon ordonnée, conserve leur dossier et surveille les effets en aval.

La cote est la charnière. Un tableur qui estime les effectifs d’une succursale et un modèle qui fixe le capital réglementaire ne peuvent pas recevoir le même traitement; c’est la cote qui décide de la profondeur de chaque étape.

Qui fait quoi : les trois lignes de défense

La plupart des banques répartissent le risque de modèle sur trois lignes. La première ligne construit, possède et utilise les modèles : les secteurs d’activité et leurs développeurs. La deuxième ligne fixe la politique et remet en question la première, souvent une équipe de gestion du risque de modèle ou de validation sous le chef de la gestion des risques. La troisième ligne, l’audit interne, vérifie que l’ensemble fonctionne.

Le principe derrière cette structure est la séparation. La personne qui a construit un modèle ne devrait pas le valider, et aucune des deux ne devrait l’approuver seule. L’E-23 exige un examen indépendant du développement; un bon logiciel rend cette séparation impossible à contourner, au lieu de compter sur la vigilance de chacun.

Ce qu’attend l’E-23 du BSIF

L’E-23 fixe trois résultats : une gouvernance qui maintient le risque de modèle dans les limites de l’appétit pour le risque, des modèles adaptés à leur usage, et un risque de modèle repéré et géré tout au long de la vie de chaque modèle. Elle demande un inventaire aux champs précis (son annexe 1), une approche de cotation, des contrôles proportionnés, des normes de données, un examen indépendant, une approbation, un déploiement contrôlé, une surveillance et un retrait. Elle nomme l’IA et l’apprentissage automatique dans sa définition d’un modèle. Notre guide de l’E-23 (en anglais) la parcourt principe par principe.

MINERVA tient ce dossier pour les banques et assureurs canadiens : l’inventaire dans les champs de l’E-23, la cote, le responsable, le développeur, l’examinateur et l’approbateur de chaque modèle, les résultats de validation, les constats et la surveillance. Il refuse une approbation par le développeur du modèle, une approbation sans les preuves que sa cote exige, et une approbation tant qu’un constat de gravité élevée reste ouvert. Le logiciel fonctionne en français et en anglais.

Questions connexes

Quelle est la différence entre le risque de modèle et la gestion du risque de modèle?

Le risque de modèle est la possibilité d’un préjudice causé par un modèle faux ou mal utilisé. La gestion du risque de modèle est le cadre de personnes, de politiques et de contrôles qui maintient ce risque dans l’appétit de l’institution.

Qui est responsable de la gestion du risque de modèle dans une banque?

Le conseil approuve l’appétit pour le risque et la haute direction est responsable du cadre. Les responsables de modèles répondent de leurs modèles; une équipe de deuxième ligne les remet en question; l’audit interne examine l’ensemble.

La gestion du risque de modèle est-elle obligatoire au Canada?

La ligne directrice E-23 du BSIF fixe les attentes pour les institutions financières fédérales à compter du 1er mai 2027. Au Québec, l’AMF a sa propre ligne directrice sur le risque de modèle, en vigueur depuis juin 2025.

L’IA est-elle visée par la gestion du risque de modèle?

Oui. L’E-23 inclut expressément les méthodes d’IA et d’apprentissage automatique dans sa définition d’un modèle.

Sources

Les nouvelles réponses sont publiées sur la page LinkedIn de MINERVA. Suivez-nous, ou envoyez la question à laquelle vous aimeriez une réponse à minerva@minerva.studio.

Une explication en langage clair, pas un avis juridique. Le texte du régulateur fait foi; lisez-le, et obtenez un avis sur la façon dont il s’applique à votre institution.

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Réponses La gestion du risque de modèle

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